A FRESCO, DANS LA PEAU D’ELISABETH LEVERRIER
Dans cet ouvrage, l’artiste invite à parcourir la démarche qui l’anime depuis 1985. Textes à l’appui, photographies mémorielles d’installations passagères et captures de performances, le livre révèle un processus de création qui dialogue entre danse, théâtre, cinéma et photographie.
C’est naturellement telle une danseuse, à la limite du rituel, qu’Elisabeth Leverrier nous apparaît avec sa démarche a fresco qui se concentre sur l’énergie verbale des lieux vacants. L’artiste s’applique à la transférer grâce à un corps qui devient instrument et qui ne fait plus qu’un avec les morceaux de hêtres calcinés qui lui servent de pinceaux. Captant les ondes d’énergie disparue, se hissant et se haussant pour atteindre les cimaises, sortes de feuilles blanches installées dans l’espace, elle trace une mémoire graphique de la sonorité des lieux. Les surfaces, sols se couvrent de lignes abstraites mais qui ne font pas abstraction du geste qui les a vues naître. Pour accompagner pleinement cette plongée visuelle dans le projet A fresco, le livre permet, grâce à l’utilisation d’un QR code, une immersion sonore dans son travail. Le lecteur parcourt alors les interventions dans l’espace de l’artiste, au rythme du tracé, au son du bois calciné qui s’écrase et laisse l’empreinte de son passage. Le trait, tantôt lourd, épais, se met parfois à respirer, se fait léger, presque absent. Il trace une frontière, déchire l’espace et le rend vibrant, redonnant alors aux espaces et à notre imaginaire une énergie disparue.
Autre facette de son travail, les Oscillateurs d’Elisabeth Leverrier, peintures de cendre, sont, eux, comme autant de lignes d’horizon aux variations infinies. Avec le feu comme origine de la création, les contrastes et les teintes jouent des impressions et invitent à la contemplation, tels des paysages vibrant du ciel à la terre.
Retraçant vingt ans de vie de l’artiste, A fresco est un livre de mémoire qui parle de la naissance. Celle d’un geste, d’un feu rallumé, de dessins fixés qui deviennent fresque.
Marion Cazy
livre/échange
Novembre 2017
Centre Régional des Lettres de Basse-Normandie